Cinq idées fausses sur l'immigration
Voici un extrait de la note économique de mars 2007 n°108 éditée par la C.G.T.
Le texte complet, disponible ici, a pour but d' expliquer pourquoi la C.G.T. combat le Front National
Malheureusement, bien d'autres partis politiques laissent courir de telles idées.
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Cinq idées fausses sur l’immigration :
S’agissant de l’immigration, cinq idées fausses sont largement répandues. Le discours lepéniste les alimente particulièrement.
Première idée fausse : l’immigration concernerait uniquement les pays développés.
Selon les Nations Unies, près de 175 millions de personnes, soit un peu moins de 3 % de la population mondiale, résident officiellement dans un pays autre que leur lieu de naissance. Le nombre de migrants a plus que doublé depuis 1975. 60 % habitent dans les pays développés et 40 % dans les pays dits en développement.
S’agissant de la présence des immigrés sur le marché du travail, les quatre premiers pays se trouvent en Asie occidentale : Émirats arabes unis (74 %), Koweït (58 %), Jordanie (40 %) et Israël (37 %). En dehors du Canada (avec une proportion d’immigrés de 19 % dans la population active) aucun des grands pays industriels ne figure parmi les vingt premiers selon ce critère.
En ce qui concerne la France, le nombre de nouveaux arrivants est faible à la fois par rapport aux mouvements précédents enregistrés dans notre pays, et aussi en comparaison avec les évolutions récentes dans les pays voisins. Le solde migratoire, c’est-à-dire la différence entre le nombre d’immigrés arrivés et sortis du territoire français, est estimé à environ 100 000 personnes ; ce chiffre est nettement en dessous de ceux enregistrés au cours des années 1960 et 1970. Il est aussi nettement inférieur à ceux enregistrés aujourd’hui dans les pays d’Europe du Sud ou en Allemagne.
Deuxième idée fausse : Les immigrés seraient les pauvres des pays pauvres.
Les immigrés ne quittent pas leur terre d’origine pour venir s’installer directement dans les grandes villes et capitales des pays riches. L’immigration est un processus par étapes : l’immigré cherche d’abord un emploi dans son pays ; plus tard, faute de trouver un emploi et s’il en a les moyens, il cherchera à aller plus loin, à commencer le plus souvent par les pays voisins.
Diverses études portant sur la situation sociale qu’occupaient les migrants dans leur pays d’origine avant leur départ confirment qu’ils sont rarement au plus bas de l’échelle sociale et souvent au dessus de la moyenne. D’une manière générale, les migrants représentent par rapport aux non-migrants du pays d’origine une population plus instruite et dotée d’un minimum de ressources pour payer les frais de voyage et d’installation.
Troisième idée fausse : les immigrés seraient responsables du chômage dans les pays d’accueil.
Plusieurs études confirment le contraire, qu’il s’agisse de stocks, c’est-à-dire lorsqu’on compare le nombre des immigrés à la population active (qui est la somme de l’emploi et du chômage), ou de flux, autrement dit quand on examine le rapport entre les nouvelles entrées d’immigrés et les variations du chômage. Il faut souligner qu’une partie de ceux qu’on considère, dans le langage courant, comme immigrés, ce sont en fait des nationaux qui, à cause de leur nom ou de la couleur de leur peau sont présentés comme tels.
Lorsqu’on classe les pays en fonction du taux de chômage et de la proportion des étrangers dans la population totale, on constate que dans des pays comme l’Espagne, l’Italie et la Finlande, dans lesquels le taux de chômage est relativement élevé, la part des étrangers dans la population totale est très faible. Inversement, des pays comme le Luxembourg, la Suisse et les États-Unis, qui enregistrent un pourcentage relativement élevé de la population étrangère dans la population totale, connaissent un taux de chômage plus faible.
En ce qui concerne l’analyse en termes de flux, la question est de savoir s’il existe une relation de cause à effet entre l’arrivée de nouveaux immigrés et les évolutions du chômage. Comme cela a été évoqué plus haut, le solde migratoire en France s’estime à environ 100 000 par an. Or, le nombre de licenciements est, en moyenne, trois à quatre fois plus élevé. C’est dire que l’évolution du chômage dépend principalement du comportement des entreprises et de leur politique de recrutement.
Quatrième idée fausse : les immigrés coûteraient aux pays d’accueil plus qu’ils ne rapportent.
D’un point de vue éthique, les relations humaines échappent aux calculs comptables et monétaires. Même en termes comptables, aucune étude sérieuse ne permet d’affirmer que les immigrés coûtent plus cher aux pays d’accueil.
De nombreuses études, menées en France et dans les autres grands pays industrialisés confirment le contraire. L’immigration loin de coûter à la Sécurité sociale, contribue à son équilibre financier en raison de la structure de sa population (proportion d’actifs plus grande, faible consommation médicale…). En matière de retraite, l’apport de l’immigration sera dans quelques années indispensable si l’on veut rééquilibrer les régimes. En outre, l’immigration est un facteur d’enrichissement culturel.
Cinquième idée fausse : la France serait envahie par les immigrés.
Selon Le Pen, la France serait « submergée » par les immigrés. Le leader de l’extrême droite nourrit ici cyniquement une grande confusion entre trois notions :
Français, étrangers et immigrés. Cette confusion présente une partie des Français comme immigrés ou étrangers sur la base des critères comme l’appartenance ethnique ou les aspects physiques.
Toute personne ayant la nationalité française est Français, quels que soient son lieu de naissance et/ou la nationalité de ses parents. Sont étrangers les habitants de la France n’ayant pas la nationalité française. Un immigré est Français s’il a obtenu la nationalité française ; on parle alors de Français par acquisition. Il est étranger s’il n’a pas la nationalité française.
La part des étrangers dans la population française est quasiment stable depuis quarante ans, variant entre 5 et 6 % de la population totale.
En 2004, la composition de la population en France métropolitaine était la suivante : Population totale : 60,7 millions, dont 3,5 millions étrangers ; Français : 57,2 millions, dont 2 millions par acquisition ; Étrangers : 3,5 millions, dont 0,5 million nés en France.
Source : INSSE, Recensements de la population.